biographie
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maria delhomme
artiste peintre
| En
contemplant les toiles de Maria Delhomme, on croit voir des paysages.
Seulement les cours d'eau, arbres, fleurs, champs à perte de vue, chemins,
collines, et montagnes n'ont pas de contours. D'une toile à une autre, la
couleur toute en transparence suggère une masse fluide qui se déplace
lentement. La sensation se métamorphose. Ses paysages n'ont pas de périmètre,
ils sont atmosphériques. Ils
vous enveloppent comme des étranges climats. La couleur en essaim de buée
les rend vaporeux. Jamais monochrome et lisse. Jamais cloisonnée dans une
forme géométrique précise. Irisée et diffuse, semblable à la musique,
elle murmure l'immatériel tout en douceur. Ses images parfois imitent la
fragrance du printemps. L'atmosphère humide après la pluie. Chaos où
irradient des flemmes chaudes, sensations silencieuses des profondeurs
marines. Une toile brûle de ce jaune aigu de l'été dans le midi dont une
tâche violette froide et triste en apaise la canicule. Une autre est sombre
et fluide. On se croirait dans la mer où des algues sans forme, ramassées,
accrochées au rocher nous touchent. Le corps rougit.
Sous l'eau, tout prend des dimensions immensurables, dramatiques et
sensitives. Comment
traduire les sensations intimes de l'âme qui affectent le corps de l'intérieur
et qui répondent à l'unisson aux excitations extérieures ? Comment
traduire les exhalaisons venant de ces images parfois ternes et ennuyeuses,
parfois évocatrices de tant de correspondances ? La
peinture de Maria Delhomme appartient à ce "je ne sais quoi"
qu'est l'émotion sensuelle. Elle s'origine quelque part dans l'inconscient
et tout à coup, elle déferle à travers ce geste énigmatique de peintre.
Que
fait-elle ? Sous
les yeux du spectateur, la respiration d'une vie secrète qui lui est
semblable s'inscrit délicatement. L'essentiel de ses images tout en
nuances, jeux
subtils entre
l'humidité et la sécheresse, entre le froid et le chaud entre la glace et
le rayon de soleil provoquent des
effets thermiques. La peinture de Maria Delhomme c'est la
transpiration de la nature qui se reflète dans les
Ileana
Cornea, mars 2006. |